La dyspraxie (constructive) visuo-spatiale ou "DVS"

C’est la dyspraxie la plus courante. Comme dans tous les troubles des apprentissages, la dyspraxie visuo-spatiale peut être légère à sévère. La prise en charge (rééducation) sera toujours mise en place en fonction de la réalité de la personne (de l’enfant).

 

La DVS, qu’est-ce que c’est exactement ?

 

C’est une association de trois problématiques différentes :

A la difficulté d’automatiser le geste de la main, vient s’ajouter un problème d’automatisation du geste des yeux associé à des problèmes d’organisation de l’espace.

En d’autres mots, les enfants dyspraxiques visuo-spatiaux ont des difficultés à fixer quelque chose, à balayer une ligne, à organiser leur regard. Ils ont aussi des difficultés pour réaliser des saccades oculaires efficaces.

 

Les difficultés qui en découlent sont diverses :

Lors de la lecture, leurs yeux ne se pose pas là où il faut. Si, au départ, on suit avec son doigt lors de l’apprentissage de la lecture, rapidement ce sont nos yeux qui suivent, l’utilisation des yeux s’automatise donc. Pas chez la personne dyspraxique visuo-spatiale.

En mathématique, comme l’enfant a des difficultés à fixer le geste du regard, le dénombrement avec les yeux est lacunaire, la quantité trouvée va donc varier. S’il recommence un dénombrement à plusieurs reprises, il n’obtiendra pas la même réponse rendant compliqué l’apprentissage du nombre comme quantité fixe et stable.

La géométrie est également une matière difficile pour l’enfant DVS puisqu’il faut associer ET le geste de la main ET le geste des yeux. Vous l’aurez compris, même poser une addition peut s’avérer extrêmement fastidieux quand on est DVS. En effet, même si le principe est compris, les chiffres ne seront pas alignés dans les bonnes colonnes.

 

La dyspraxie visuo-spatiale et les yeux…

 

Si les examens médicaux des PSE (Promotion de la Santé à l’Ecole) portent également sur la vue, ce n’est pas par hasard. En effet, la vision est considérée, à juste titre, comme un socle des apprentissages. Des problématiques au niveau de la vue, appelés « troubles neurovisuels », altèrent les apprentissages tels que la lecture, le calcul, l’écriture et l’acquisition du geste.

Dans les troubles neurovisuels, on retrouve le trouble oculomoteur (= trouble de la motricité des globes oculaires), c’est un trouble très courant. Un dysfonctionnement des muscles oculomoteurs implique des problématiques de fixation, de poursuite visuelle ou un déficit de la stratégie du regard. Plus concrètement, cela implique un déficit pour arriver à sélectionner et à saisir une information visuelle précise.

Dans ce contexte, lorsque l’on suspecte une DVS chez un enfant, un bilan neuropsychologique et un bilan orthoptique seront proposés conjointement afin de cerner les difficultés de l’enfant.

 

Pour Résumer, la DVS :

 

Un trouble de la praxie (du geste)

Un trouble des yeux

Un trouble de l’organisation spatiale

 

Les signes d’une potentielle dyspraxie visuo-spatiale :

 

Lecture peu fluide alors que l’acquisition de la lecture n’est pas problématique (le syllabique se met en place facilement)

Saut de ligne, de mots tant en copie qu’en lecture

Tendance à réaliser des copies de façon phonétique (sans regarder le mot)

L’écriture ne suit pas la ligne (écriture au-dessus, en-dessous de la ligne). Parfois les premières lignes peuvent être correctes pour ensuite constater une écriture qui se dégrade

Lenteur dans les gestes du quotidien (habillage, repas,…) et dans l’écriture

Problèmes en calcul mental

Confusions de lettres visuellement proches (p et q, b et d)

Confusions possibles aussi avec des sons plus complexes (ill, ail,…)

Orientation spatio-temporelle (se repérer dans une semaine, dans une année,…

Dénombrement

Donne l’impression de ne pas se concentrer

Malhabile, maladroit

...

Comme toujours, il n’est pas nécessaire d’observer toutes ces difficultés pour émettre l’hypothèse d’une DVS. Ajoutons que certains enfants arrivent à compenser leurs difficultés et que celles-ci sont parfois décelées (trop) tardivement. Ne laissez jamais votre enfant compenser ses difficultés seul. Une rééducation est toujours à priviliégier afin d’éviter, à terme, un épuisement de votre enfant.

 

La combinaison des dyspraxies

 

Il est assez courant de retrouver plusieurs types de dyspraxie chez une même personne. Une attention particulière est portée aux enfants prématurés et aux enfants nés par césariennes. En effet, le risque d’un trouble de la praxie est plus grand chez ces enfants.

Il est aussi fréquent de retrouver d’autres troubles des apprentissages chez ces enfants (dyslexie, dysorthographie,…)

 

Qui consulter pour une dyspraxie (constructive) visuo-spatiale ?

 

Ce sont les neuropsychologues qui proposent, en général, un diagnostic complet et qui coordinera les mises en place. En fonction des besoins, il orientera alors vers d’autres professionnels : orthoptiste, posturologue, psychomotricien,… 

 

Vous avez des doutes quant à d’éventuelles difficultés dans les apprentissages ?

Votre Référent (personne de contact privilégié au sein de l’asbl Dys-Moi après l’évaluation globale « Dys ») vous aiguillera tout au long du processus. Contactez-le en priorité…

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